
WILD & DIVINE HOLISTICS
Thérapie somatique et psychocorporelle — trauma, stress chronique et vie intime
"LE CORPS PARLE. JE VOUS AIDE À LE COMPRENDRE."
Accompagnement somatique et psychocorporel, dans un cadre éthique, clair et non médical. Orientation vers le professionnel de santé adapté en cas de besoin.
LE TANTRA EST UN YOGA
Le Tantra Yoga ne réduit pas le yoga à la posture, comme on le voit aujourd’hui dans une grande partie du yoga occidental. Il travaille avec l’ensemble des facettes de la pratique yogique : la respiration, l’énergie, le retrait des sens — ce passage de l’extérieur vers l’intérieur — la concentration, la méditation et les états de conscience.

« Les postures ne sont qu’une branche du yoga. Dans une grande partie du yoga moderne, cette branche a fini par être prise pour l’arbre entier. »
— Ma Ananda Sarita
LE YOGA AU-DELÀ DE L'ASANA
Dans les Yoga Sūtras, Patañjali présente le yoga comme une discipline composée de huit branches. L’āsana, la posture, y occupe une place essentielle, aux côtés du souffle, du retrait des sens, de la concentration, de la méditation et des états de conscience modifiée
.
La pratique posturale ramène au corps. Elle affine l’attention, donne de la stabilité, prépare l’assise intérieure. Elle ouvre un chemin d’écoute et d’incarnation. Pourtant, dans une grande partie du yoga contemporain, cette branche a peu à peu occupé tout l’espace visible.
Le Tantra Yoga garde vivant un champ plus vaste. Le corps physique y demeure central, mais il s’inscrit dans une architecture plus subtile : respiration, énergie vitale, perception interne, qualité de présence, circulation émotionnelle, silence, concentration, méditation, états de conscience.
Cette approche demande d’entrer dans le yoga comme dans une science de l’expérience humaine. Le corps y devient un lieu d’étude directe. La respiration modifie l’état intérieur. L’attention transforme la perception. L’énergie, lorsqu’elle circule ou se retient, révèle la manière dont une personne habite sa propre vie.


Dessin de femmes pratiquant le yoga
Artiste inconnu

Mandala serpent évoquant la transformation intérieure
Éclipses et rituels dans le Tantra
CORPS PHYSIQUE ET CORPS SUBTIL
Dans une pratique posturale classique, le travail commence souvent par les muscles, les articulations, l’alignement, la respiration, l’équilibre, la force ou la souplesse.
Le Tantra Yoga part du corps, puis descend vers ce qui l’anime de l’intérieur : le souffle, le prana, les mouvements d’énergie, les contractions profondes, les variations de chaleur, de vibration, de densité, d’élan ou de retrait.
La tradition yogique parle de nadis, de chakras, de prana et parfois de kundalini. Ces mots appartiennent à une cartographie ancienne du corps subtil. Ils donnent une langue à des phénomènes que beaucoup de personnes perçoivent concrètement dans la pratique : une respiration qui se fait plus ample et plus profonde, une zone du corps qui se réveille, une chaleur qui apparaît, une émotion qui prend forme, une attention qui modifie la sensation.
Le corps physique et le corps subtil ne sont donc pas deux réalités étrangères l’une à l’autre. Ils se répondent. Une tension peut porter une histoire. Une respiration peut modifier un état émotionnel. Une pratique méditative peut rendre perceptible une zone longtemps silencieuse. Le travail avance dans cette relation intime entre matière, énergie et conscience.
ÉMOTIONS, ÉNERGIE & MÉMOIRE CORPORELLE
Dans le Tantra Yoga, l’émotion possède une consistance. Elle a une charge, une direction, une température, un rythme, une manière d'ouvrir ou contracter le corps.
Une peur peut par exemple serrer la poitrine. Une colère peut envahir les bras, la mâchoire ou le ventre. Une tristesse peut alourdir la respiration. Une honte peut effacer le regard, faire plier le dos, percher la voix . À l’inverse, une émotion qui se remet en mouvement peut rendre de l’espace, de la circulation, de la présence dans le corps.
Le travail tantrique observe ces mouvements. Il regarde comment l’énergie se concentre, se retient, se disperse, se fige ou cherche un passage pour s'exprimer. Le souffle, la voix, le mouvement, l’immobilité et la méditation deviennent alors des moyens d’accompagner, avec neutralité et curiosité, sans mise en scène, sans recherche d’intensité.
Cette finesse a une importance toute particulière lorsque le corps porte en lui des traces anciennes de blessures. Certaines réponses de protection continuent de vivre dans la respiration, les tissus, la posture, l’accès au plaisir, à la détente, à la vitalité ou au repos. La pratique vient rencontrer ces organisations avec lenteur, dans une attention capable de respecter le rythme du système nerveux.
YOGA NIDRA ET NADA YOGA
Le Yoga Nidra et le Nāda Yoga ont leur place dans cette compréhension élargie du yoga.
Le Yoga Nidra, souvent traduit par “sommeil yogique”, explore des états situés entre veille et sommeil. Le corps entre dans un repos profond tandis qu’un fil d’attention demeure présent. Cette pratique peut soutenir l’intégration, le relâchement progressif des défenses, la régulation du système nerveux et une relation plus harmonieuse au repos.
Pour certaines personnes, le repos reste inaccessible. Le corps demeure en alerte, même immobile. Le Yoga Nidra permet alors d’approcher le relâchement par étapes, en laissant au système nerveux le temps de reconnaître qu’il peut déposer une partie de sa vigilance.
Le Nāda Yoga, ou yoga du son, travaille avec l’écoute, la vibration, la voix, le mantra et le silence. Le son devient un support de concentration, d’intériorisation et d’affinement perceptif. Il agit sur la qualité de présence, sur la respiration, sur l’orientation de l’attention.
Ces pratiques rappellent que le yoga engage aussi des dimensions invisibles depuis l’extérieur : le repos, l’écoute, la vibration, la concentration, la modification progressive des états intérieurs.
APPROCHE THÉRAPEUTIQUE DU TANTRA YOGA
Dans mon travail, le Tantra Yoga entre en relation avec la psychotraumatologie, les approches somatiques et les connaissances actuelles sur le système nerveux.
Les neurosciences, loin de servir de vernis moderne aux traditions anciennes, permettent plutôt de mettre en regard deux langages : celui du yoga, qui parle de souffle, d’énergie, d’attention et d’états de conscience ; celui du trauma, qui décrit l’activation, la dissociation, l’hypervigilance, l’interoception, les réponses de protection et la régulation du système nerveux.
Dans le trauma, le corps reste organisé autour d’un danger passé. Il se tend, s’absente, anticipe, se protège, coupe certaines sensations, maintient une alerte diffuse. Une pratique corporelle profonde demande alors un cadre très précis : de la lenteur, des limites lisibles, une attention constante aux signaux du corps, une progression compatible avec ce que le système est en capacité d'intégrer.
Le Tantra Yoga devient thérapeutique lorsqu’il soutient cette reprise de contact sans effraction. Sentir davantage, respirer plus librement, revenir au présent, identifier une limite, différencier l’élan de la défense ancré dans la passé, de la réaction au présent, retrouver une sensation de continuité intérieure. Ce sont des mouvements discrets, parfois très profonds, qui modifient peu à peu la relation au corps.